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Déclaration pour la Journée internationale des droits des femmes 2017

“L’âme de notre politique, est l’engagement à mettre fin à la domination” bell hooks,

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Se déploie autour du 8 mars toute la machine libérale de la dépolitisation des luttes féministes, cette année plus encore – au vu des enjeux de l’élection présidentielle, tout le monde y met son grain de sel. En tant que collectif afro-féministe, le collectif Mwasi inscrit sa lutte contre le patriarcat dans un anti-capitalisme pensé depuis les positions de “colonisé.e.s de l’intérieur” que nous subissons en France.

Nous réaffirmons la nécessité de renforcer et développer notre conscience politique par nos actions,  la réflexion sur les enjeux des luttes et théories politiques afro-féministes. Nous restons en lutte contre la négrophobie et affirmons notre droit à l’existence, la libération et au bonheur. #LesViesNoiresComptent

Nous réaffirmons notre intransigeance face la culture du viol, les violences conjugales et de leurs impunités qui sévissent en France, encouragé par l’Etat, sa police et sa justice mais aussi les médias et l’élite culturel françaises

Nous sommes déterminé.e.s à lutter contre toutes atteintes aux droits des femmes à disposer de leurs corps. Notre attention porte particulièrement sur la criminalisation de plus en plus fréquente de l’avortement en Europe.

Nous réaffirmons nos droits ABSOLUS sur nos corps dont nous n’avons pas honte. Qu’ils soient couverts ou non, nos corps ne sont pas des objets à exotiser, ne servent pas à quantifier notre niveau de liberté (Mangez vos mort les islamophobes) ou de respect de soi. Ce droit absolu s’applique aussi dans le cadre des violences médicales, notamment gynécologiques et obstétriques.

Nous réaffirmons notre mobilisation contre l’Etat réactionnaire raciste et (néo)colonial, qui produit l’Etat policier, le complexe industriel de la prison et les guerres impérialistes qui tuent et exploitent nos communautés – que ça soit en France, dans les colonies départementalisées, ou dans les pays du Suds.

Nous réaffirmons notre résistance contre le système économique de la suprématie blanche qu’est le capitalisme, et l’importance cruciale de cette question dans notre lutte féministe afin de viser une société sans classes. C’est pour cela que nous nous opposons à toutes célébrations de la féminisation des élites capitalistes. Travailleuses, chômeuses, précaires, nous sommes en solidarité avec les mouvements de grèves et contre le patronat.

Nous réaffirmons notre engagement dans les luttes politiques queer et trans révolutionnaires et décoloniales, et réaffirmons leur légitimité dans le mouvement social globale.

Nous tenons à rappeler tout notre mépris et notre dégoût face aux instrumentalisations du “féminisme” à des fins racistes et impérialistes ( fémonationalisme) par la team féminisme blanc. Vous voir plus intéressées de savoir si on entre dans les bars PMU qu’en école de médecine en dit long sur vos intentions. #ConseillereDeDésorientation

Nous encourageons nos sistas, à rejoindre des collectifs militants afin de travailler à l’abolition du système blantriarcal capitaliste. L’afro-féminisme militant se forge dans des collectifs (même si ils ne sont pas non-mixte, car nous savons que nous ne vivons pas tou.te.s dans des régions avec une forte communauté noire)

Nous nous engageons dans les débats et manifestations du 8 mars pour porter un discours afro-féministe révolutionnaire pour un changement radical de la société. Ce changement ne peut avoir lieu dans un cadre libéral qui pousse à l’individualisation plutôt qu’à la lutte collective.

– Mwasi-Collectif

Déclaration des Féministes Noires au Forum International des Féminismes à Bahia – Brésil

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Mwasi-Collectif participait au forum des Féminismes noirs, les 5 et 6 Septembre 2016, cette rencontre a donné lieu à la rédaction d’une déclaration  commune pour affirmer notre combat pour la libération et la justice 

« Nous, plus de 200 Féministes Noir.e.s provenant de tous les continents et dans toutes nos diversités, réuni.e.s au Brésil au forum des Féminismes noirs sous le slogan “Les chemins parcourus ensembles”

Défiant nos propres frontières et celles qui s’opposent à notre révolution, en tant que féministes heureus.e.s, sain.e.s et fièr.e.s, de réaliser nos rêves les plus fous de libération, pour nous-mêmes, nos terres, nos territoires, et les vies que nous défendons dans la diversité de notre Négritude, de nos capacités et nos identités.

Durant ces 2 jours, nous avons discuté de l’avenir, de la construction des Féminismes Noirs dans le monde, de la défense de nos territoires, de nos communautés, des nos peuples, de la résilience, de la résistance, du colonialisme, de la guerre, des droits reproductifs, du racisme, du sexisme, du patriarcat, des orientations sexuelles, des identités de genre, de l’art, de la violence, d’alliances transnationales, intergénérationnelles,  entre beaucoup d’autres thèmes.

Reconnaissant nos spiritualités ancestrales  et nos identités culturelles en constante réinvention comme des piliers fondamentaux pour la défense de nos droits en tant que communauté.

Nous reconnaissons la résistance active des Femmes Noires, qui vivent toujours dans des conditions de pauvreté, d’exclusion, d’invisibilisation  et de  marginalisation social, politique et économique. Nous manifestons à la fois l’urgence de transformer les modèles de pouvoir, de production et de partage du bien être  pour qu’ils respectent nos existences.

Nous reconnaissons  les apports historiques des Féministes noir.e.s dans la réinvention  des Féminismes depuis une approche intersectionnelle, articulant le racisme, le patriarcat et le capitalisme.

Nous rappelons que  le racisme est un facteur d’aggravation de nos conditions en fonction de nos orientations sexuelles, identités de genre, notre classe, conditions migratoires, âge, de leur handicap, entre autres choses,

Nous dénonçons le racisme environnemental derrière les épidémies de dengue, zika, chikungunya et autres dans les communautés noires, indigènes et pauvres, et la violation de notre autonomie reproductive.

Nous dénonçons les rapports de domination et le monopole sur les ressources féministes des organisations occidentales majoritairement blanches, ayant accès à tous les espaces pendant que nous luttons pour créer les nôtres.

Nous dénonçons la militarisation mondiale de la police et le complexe industriel carcéral d’Amérique du Sud, à l’Afrique, en passant par les Etats-unis, responsable d’un génocide des Noir.e.s et nous demandons à ce que le forum dénonce ces pratiques afin de déclarer clairement et avec force que TOUTES LES VIES NOIRES COMPTENT.

Nous réclamons que nos réalités en que sujets politiques soient explicitées et prises en compte dans tous les débats, décisions et conclusions de ce 13e forum féministe international de AWID

Nous dénonçons le coup d’Etat contre la présidente du Brésil, Dilma Roussef, comme constitution d’une attaque à la démocratie, la primauté du droit et un obstacle à la participation politique des femmes.

Nous exprimons notre solidarité féministe au peuple brésilien, en particulier les personnes noires et autochtones, les plus affectées par ce recul politique, nous exhortons le 13e forum féministe international de AWID à se prononcer de manière claire contre cet outrage politique.

Nous reconnaissons les énergies, la disponibilité et les efforts , des organisations, artistes, et militant.e.s  Noir.e.s du monde qui ont intégré l’équipe de travail du forum des Féminismes Noirs, et qui ont permis que celui-ci soit possible. »

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Déclaration additionnelle relative à la francophonie 

Cette partie est issue des discussions au sein du forum des Féminismes Noirs, des personnes utilisant le français comme langue de  communication 

« Quant à la francophonie, qui découle de la domination coloniale et impérialiste, elle ne peut être pensée comme un espace neutre politiquement. Toutefois, la langue française, qui en découle, est la langue qui nous rassemble.

Nous, les organisations francophones présentes au Forum AWID de 2016, sommes navré-e-s de constater que l’espace dit « francophone » au forum aie été géré par une organisation dont le siège social est basé en France, ceci, malgré le fait que la majorité des membres francophones de l’AWID viennent de l’Afrique ou vivent dans des pays occidentaux où les féministes d’ascendance africaine sont systématiquement marginalisé-e-s en faveur des autres courants féministes.

Nous aurions aimé être associé-e-s à la création de cet espace. Nous demandons une explication à propos du processus employé par Genre en action en partenariat avec l’AWID pour former l’espace ainsi que plus de transparence à l’avenir. Il ne devrait pas y avoir de village francophone sans que toutes et tous les francophones soient mises à contribution dans le processus d’organisation (ressources, visibilité, gestion, responsabilités, communication, etc.). Nous aimerions utiliser l’espace francophone dans nos propres termes.  »
sistas-francophones(Le groupe de Féministes noires francophones en pleine réunion)