Festival NYANSAPO

Du 28 au 30 juillet 2017, le collectif Mwasi organise et accueille la première édition du Festival NYANSAPO, festival afroféministe militant à l’échelle européenne. Ce festival a pour vocation d’être accueilli chaque année par un collectif afroféministe différent à travers l’Europe.

Wishing you a Happy New Year full of love, light and laughter! (1)

Nous voulons construire des stratégies et des solidarités durables, et pour cela il est important de se rencontrer, pour partager, échanger, faire avancer nos combats. Pour cette première édition nous avons choisi de mettre l’accent sur l’organisation de nos résistances en tant que mouvements afroféministes.

Notre festival est organisé en plusieurs espaces :

    • Espace non mixte femmes noires (80% du festival) : débats et construction d’une stratégie et d’un agenda politiques, groupes de paroles, réflexions sur les théories afroféministes et care
    • Espace non mixte personnes noires : Réflexions autour de la communauté noire, et les luttes afros
    • Espace non mixte femmes racisées : Échanges sur les féminismes décoloniaux
    • Espace ouvert à tou.te.s : Tables rondes, show case et expositions

Pourquoi NYANSAPO ? Cela vous semble énigmatique ? Nous honorons à travers le nom de ce festival la sagesse de nos communautés. NYANSAPO, est un adinkra (symboles visuels, créés par les Ashanti du Ghana et les Gyaman de la Côte d’Ivoire) qui signifie noeud de la sagesse, ingénuité, intelligence. La capacité de choisir le meilleur moyen pour atteindre son but, utiliser la connaissance et l’expérience à des fins pratiques.

Et oui, rien que ça, ça promet, alors les sist@s on vous attend et faites passer le mot !

Le festival NYANSAPO est un festival gratuit, organisé bénévolement par les membres de Mwasi, nous avons besoin de dons pour couvrir les frais suivants  :

    • Logistique : impression, sons, vidéos
    • Location des lieux
    • Payer les transports des intervenant.e.s

Faites un don

Site internet et programme bientôt disponibles

 

 

Déclaration pour la Journée internationale des droits des femmes 2017

“L’âme de notre politique, est l’engagement à mettre fin à la domination” bell hooks,

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Se déploie autour du 8 mars toute la machine libérale de la dépolitisation des luttes féministes, cette année plus encore – au vu des enjeux de l’élection présidentielle, tout le monde y met son grain de sel. En tant que collectif afro-féministe, le collectif Mwasi inscrit sa lutte contre le patriarcat dans un anti-capitalisme pensé depuis les positions de “colonisé.e.s de l’intérieur” que nous subissons en France.

Nous réaffirmons la nécessité de renforcer et développer notre conscience politique par nos actions,  la réflexion sur les enjeux des luttes et théories politiques afro-féministes. Nous restons en lutte contre la négrophobie et affirmons notre droit à l’existence, la libération et au bonheur. #LesViesNoiresComptent

Nous réaffirmons notre intransigeance face la culture du viol, les violences conjugales et de leurs impunités qui sévissent en France, encouragé par l’Etat, sa police et sa justice mais aussi les médias et l’élite culturel françaises

Nous sommes déterminé.e.s à lutter contre toutes atteintes aux droits des femmes à disposer de leurs corps. Notre attention porte particulièrement sur la criminalisation de plus en plus fréquente de l’avortement en Europe.

Nous réaffirmons nos droits ABSOLUS sur nos corps dont nous n’avons pas honte. Qu’ils soient couverts ou non, nos corps ne sont pas des objets à exotiser, ne servent pas à quantifier notre niveau de liberté (Mangez vos mort les islamophobes) ou de respect de soi. Ce droit absolu s’applique aussi dans le cadre des violences médicales, notamment gynécologiques et obstétriques.

Nous réaffirmons notre mobilisation contre l’Etat réactionnaire raciste et (néo)colonial, qui produit l’Etat policier, le complexe industriel de la prison et les guerres impérialistes qui tuent et exploitent nos communautés – que ça soit en France, dans les colonies départementalisées, ou dans les pays du Suds.

Nous réaffirmons notre résistance contre le système économique de la suprématie blanche qu’est le capitalisme, et l’importance cruciale de cette question dans notre lutte féministe afin de viser une société sans classes. C’est pour cela que nous nous opposons à toutes célébrations de la féminisation des élites capitalistes. Travailleuses, chômeuses, précaires, nous sommes en solidarité avec les mouvements de grèves et contre le patronat.

Nous réaffirmons notre engagement dans les luttes politiques queer et trans révolutionnaires et décoloniales, et réaffirmons leur légitimité dans le mouvement social globale.

Nous tenons à rappeler tout notre mépris et notre dégoût face aux instrumentalisations du “féminisme” à des fins racistes et impérialistes ( fémonationalisme) par la team féminisme blanc. Vous voir plus intéressées de savoir si on entre dans les bars PMU qu’en école de médecine en dit long sur vos intentions. #ConseillereDeDésorientation

Nous encourageons nos sistas, à rejoindre des collectifs militants afin de travailler à l’abolition du système blantriarcal capitaliste. L’afro-féminisme militant se forge dans des collectifs (même si ils ne sont pas non-mixte, car nous savons que nous ne vivons pas tou.te.s dans des régions avec une forte communauté noire)

Nous nous engageons dans les débats et manifestations du 8 mars pour porter un discours afro-féministe révolutionnaire pour un changement radical de la société. Ce changement ne peut avoir lieu dans un cadre libéral qui pousse à l’individualisation plutôt qu’à la lutte collective.

– Mwasi-Collectif

« Mississippi Goddam », le cri de rage de Nina Simone: Traduction et mise en contexte

Mississipi Goddam. Antibes, 24/25 juillet 1965

Dans cette chanson explicitement politique, Nina Simone parle du meurtre du militant Medgar Evers dans l’état du Mississippi et de la mort de quatre enfants lors de l’attaque d’une église noire par le Ku Klux Klan en Alabama.

Elle évoque sans détour sa rage, son indignation face à la ségrégation, aux discriminations quotidiennes que subissent les noir.e.s, et elle dénonce les critiques du mouvement pour les droits civiques qui somment à une modération des militant.e.s dans des discours moralisateurs et universalistes. 

Rappel chronologique du mouvement pour les droits civiques aux U.S.A

1776

4 juillet, la déclaration d’indépendance. Naissance des États-Unis d’Amérique

1861-1865

Guerre de sécession, conduisant à l’abolition de l’esclavage

1865

Création du Ku Klux Klan (KKK), organisation clandestine prônant la suprématie blanche

1896

L’arrêt de la Cour suprême Plessy v. Ferguson autorise les États qui le souhaitent à imposer des mesures de ségrégation raciale. De cette loi découlera la doctrine de l’apartheid à l’américaine est appelée « separate but equal » (séparés mais égaux).

1909

Création de la NAACP, la National Association for the Advancement of Colored People, association nationale pour l’avancement des gens de couleur

1914

Marcus Gravey lance son mouvement nationaliste noir

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Marche de protestation silencieuse à New York organisée par la NAACP
contre les émeutes raciales à East St. Louis (Illinois), 1917.
Photo © Underwood & Underwood, N.Y.
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, Washington D.C.

1917

2 juillet 1917  Une émeute éclate à East Saint Louis, Illinois; les travailleurs noirs réclament l’égalité des salaires avec les travailleurs blancs, en résultent 48 morts.

1930

Création de la NOI (Nation of Islam), organisation noire radicale se revendiquant d’une forme d’islamisme sans grand rapport avec les fondements de la religion musulmane

1947

Jackie Robinson, premier noir à jouer en Ligue majeure de Baseball

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Couverture de comic book de 1951

1951

Linda Brown élève noire résidant à Topeka au Kansas se voit refuser l’inscription dans une école blanche proche de son domicile et doit s’inscrire dans l’école noire distante de plus d’un kilomètre. Son père s’empare de la justice afin de contester la loi ségrégationniste

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Linda Brown

1954

L’arrêt de la Cour suprême Brown v. Board of Education déclare anti-constitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques.  La ségrégation dans les écoles publiques des États-Unis d’Amérique  est donc révoquée.

1955

2 mars 1955 Claudette Colvin, 15 ans, refusa de laisser son siège à un passager Blanc dans un autobus de Montgomery, en violation des lois locales imposant la ségrégation raciale dans les transports publics.

1er Décembre 1955, soit 9 mois plus tard, Rosa Parks, entraînée par le Dr Martin Luther King Jr pour une reconstitution stratégiquede l’arrestation de Colvin, menée par une militante jugée apte à résister aux systèmes judiciaires et médiatiques. Cette manoeuvre fortement médiatisée signe le début du boycott des bus de Montgomery (Alabama).

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Claudette Colvin, 1953.

1957

Création de la SCLC, la Southern Christian Leadership Conference, luttant pour les droits civiques dans un esprit de non-violence chrétienne, présidée par Martin Luther King

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Un noir, buvant au refroidisseur d’eau, dans le terminal de tramway d’Oklahoma City, juillet 1939.
Photo © Russell Lee.
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, Washington D.C.

1957-1959

À Little Rock (Arkansas), violente crise conduisant à l’abolition de la ségrégation dans les écoles

1960

Premiers sit-in à Greensboro (Caroline du Nord), action de protestation non-violente, qui s’étendra à travers tous les États-Unis et des premiers freedom rides, voyages dans des bus inter-États pour la déségrégation dans les transports.

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Woolworth sit-in. Joseph A. McNei, Franklin E. McCain, William Smith et Clarence Henderson au Woolworth lunch counter à Greensboro, Caroline du Nord.  (Courtesy of Greensboro News and Record)
14 novembre 1960, Ruby Bridges alors âgée de 6 ans, entre à l’école pour la première fois, devenant la première enfant noire scolarisée à la William Frantz Elementary School et la première enfant afro-américaine à fréquenter une école blanche en Louisiane. Légalement contrainte d’accepter l’enfant noire dans son établissement, la William Frantz Elementary School a été boycottée par les parents blancs, mais également la majorité du personnel qui a refusé d’accepter la petite Rudy parmi les autres élèves.

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1961

Décret du président John F. Kennedy instaurant l’affirmative action (discrimination positive) pour lutter contre les discriminations raciales à l’embauche

1963

17 mars 1963, La Marche sur Washington pour les droits civiques réunit entre 200 000 et 300 000 personnes, Martin Luther King y fait son discours I Have a Dream.

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Premier hot summer (émeute raciale).Violences meurtrières à Birmingham (Alabama) après la déségrégation effective de quatre écoles.hot summer 1960

15 septembre 1963 à Birmingham en Alabama, un attentat perpétré par le KKK dans l’église baptiste de la 16e rue  tue quatre jeunes filles noire, Addie Mae Collins, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Denise McNair, vingt-deux autres personnes sont également blessées.

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Addie Mae Collins, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Denise McNair

1964

Durant le Freedom Summer, campagne d’inscription électorale pour les Afro-Américains au Mississippi, meurtre de trois militants des droits civiques

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Adoption du Civil Rights Act interdisant toute forme de ségrégation dans les lieux publics

Malcom X crèe son propre mouvement nationaliste noir, the Muslim Mosque, Inc

1965

Assassinat de Malcom X

Les Marches de Selma à Montgomery (Alabama), une militante blanche est assassinée par le KKK

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Hot summer de Watts (Los Angeles)

Adoption du Voting Rights Act, supprimant les tests et taxes pour devenir électeur

1967

L’arrêt de la Cour suprême Loving v. Virginia, déclare anti-constitutionnelle l’interdiction des mariages mixtes

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Mildred et Richard Loving. 1967

1968

4 avril 1968, assassinat de Martin Luther King, suivi d’émeutes à Chicago, Baltimore et Washington

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Taxis à Albany (Géorgie), 18 août 1968.

______________________________________

C’est en juillet 1965 que Nina Simone chante la chanson, « Mississippi Goddam » à Antibes.

En voici une traduction:

Le nom de cette chanson est  » Le Mississippi, bon sang  » et Je pense chacun des mots qui la compose.

L’Alabama m’a rendu folle de rage

Le Tennessee ma fait perdre le sommeil

Et tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon sang!

 

L’Alabama M’a rendu folle de rage

Le Tennessee ma fait perdre le sommeil

Et tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon sang!

 

Ne le vois-tu pas ?

Ne le ressens-tu pas ?

Ca flotte dans l’air

Je ne peux plus supporter cette pression

Que quelqu’un dise une prière.

L’Alabama M’a rendu folle de rage

Le Tennessee ma fais perdre le sommeil

Et tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon sang!

C’est une chanson pour un spectacle, mais celui ci n’a pas encore été écrit.

 

La meute de chiens est a mes trousse,

Les petits écoliers sont en prison.

Un chat noir traverse ma route

Chaque jour me semble devoir être mon dernier.

 

Que dieu ait pitié de mon pays.

Nous aurons tous ce que nous méritons quand le moment sera venu

Ma place n’est pas ici

Ma place n’est pas là bas.

Je ne crois même plus aux prières

Ne me dis pas

C’est moi qui te dis

Moi et mon peuple on te parle juste de notre dû

J’y étais alors je sais

 

Il continuent à dire  » Allez-y doucement « 

Mais c’est justement le problème

 » Vas y doucement « 

Laver les vitres

 » Vas y doucement « 

Ramasser le coton

 » Vas y doucement « 

Il est biens connu que vous n’êtes que pourriture

 » Vas y doucement

Vous êtes de sale fainéants

 » Vas y doucement « 

Réfléchir, c’est pour les fous

 » Vas y doucement « 

Où vais je ?

Que fais je ?

Je ne sais pas

Je ne sais pas

Essaye juste de faire de ton mieux

Lève-toi et soit compté comme tous les autres

Car tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi, bon sang!

Je vous ai fait croire que je plaisantais n’est ce pas?

Les piquet de grêve

Le boycott des écoles

Il veulent nous faire croire que c’est un complot communiste

Tous ce que je veux c’est l’égalité

Pour ma soeur, mon frère et moi.

Oui, vous m’avez menti toutes ces années

Vous m’avez dit de laver et nettoyer mes oreilles

Et de parler très correctement, comme une dame

Et que vous arreteriez de m’appeler  » Sister sadie « 

Oh mais tout ce pays et emplis de mensonges

Vous allez tous mourir et tomber comme des mouches.

Je ne vous fait plus confiance.

Vous continuez à dire  » Vas y doucement « 

 » Vas y doucement « 

Mais c’est justement le problème

 » Vas y doucement « 

La dé-ségrégation

 » Vas y doucement « 

La participation de masse

 » Vas y doucement « 

La réunification

 » Vas y doucement « 

Faire les chose graduellement

 » Vas y doucement « 

Mais engendrer plus de tragédie

 » Vas y doucement « 

Comment peux tu ne pas le voir ?

Comment peux tu ne pas le sentir ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas.

Vous n’avez pas besoin de vivre à côté de moi

Donnez moi juste mon égalité.

Tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi

Tout le monde sait ce qu’il en est de l’Alabama

Tout le monde sait ce qu’il en est du Mississippi

Voila !

Droits civiques aux États-Unis : références bibliographiques

  • Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, de Martin Luther King, Bayard Jeunesse, 2e édition 2008
  • Les Rêves de mon père : l’histoire d’un héritage en noir et blanc, de Barack Obama, Editions Presses de la Cité (format Poche) 2008
  • Malcolm X et Martin Luther King : même cause, même combat, de James H. Cone, Editions Labor et Fides réédition 2008
  • Freedom Summer : luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964, de Doug McAdam, Editions Agone 2012
  • Les Noirs américains : des champs de coton à la Maison Blanche, de Nicole Bacharan, Editions Perrin 2010
  • Comprendre les États-Unis d’aujourd’hui, d’André Kaspi, Editions Perrin 2009
  • Histoire des États-Unis, de René Rémond, Presses Universitaires de France – PUF, réédition 2011
  • Codes noirs : de l’esclavage aux abolitions, d’ André Castaldo, Editions Dalloz-Sirey 2006

Rassemblement pour Théo

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Theo Luhaka a été victime de la police dans son quartier d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Lors d’une interpellation qui a dégénéré, il a été sérieusement blessé et reste aujourd’hui hospitalisé.

La cagnotte de solidarité avec la famille de Théo Luhaka

 

Manifestation contre le « Bal nègre »

Le 5 février 2017, nous nous sommes rassemblé.e.s devant le bar nègre pour manifester contre la normalisation de la négrophobie, et crier notre ras-le-bol de la complicité des institutions officielles.

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8 Novembre 2017 Atelier de déconstruction des préjugés et des stéréotypes

#FestivalDeLaBanlieue
Atelier de déconstruction des préjugés et des stéréotypes, avec Fatima Ouassak (Réseau Classe/Genre/Race) et Fania Noël.

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#7Novembre16H34 : Non, ceci n’est pas une mobilisation

On a eu mal aux yeux en voyant “les françaises” en introduction ( le texte de l’événement ainsi que le visuel ont été ensuite modifiés) : doit on rappeler que les domaines de l’exploitation salariale les plus féroces sont ceux où l’on trouve le plus de femmes racisées , très souvent de nationalité étrangères. Des domaines comme le ménage et la garde d’enfants où ces femmes sont les salariées de couples composées de femmes blanches…. #AlloSolidaritéFeminine

Oui parce qu’en France les travailleuses ne sont pas toutes françaises !

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Cette mobilisation est organisée par Les Glorieuses, nous vous laissons l’appréciation du projet ainsi que du champ lexical “féminisme-qui-fait-pas peur, gentil et cool”

“Lorsque Rebecca Amsellem (27 ans, économiste) et Alix Heuer (27 ans, spécialiste du numérique) entreprennent de diffuser à un large public une newsletter d’information alternative féministe, c’est pour créer “Les Glorieuses”. Le projet est conçu durant l’été 2015 et se concrétise fin septembre 2015 : il s’agit de briser les préjugés invétérés et de créer une newsletter hebdomadaire sur les intérêts politiques et culturels des femmes dans le monde. Sur un ton léger et positif, l’initiative se veut franche et sans tabou.”

Dans un staut Morgan

L’égalité salariale est une question sérieuse ( même si la finalité de la lutte est l’abolition du système salariale capitaliste), organiser une mobilisation qui se veut nationale et coordonnée, demande du temps, des réunions, des alliances, de la concertation.

Avec un minimum de préparation les organisatrices/teurs auraient eu la jugeote de ne pas choisir 16h34, heure à laquelle beaucoup de femmes salariées, sont déjà sur le chemin des sorties d’écoles, étant les plus nombreuses à temps partiel.

Une préparation aurait pu même permettre d’apporter du soutien aux salariées des PME/TPE/ où le rapport de force avec l’employeur est beaucoup plus compliqué, et qu’en est-il des personnes aux contrats précaires, qui pourront être sanctionnées par un non renouvellement dans un contexte marqué par le chômage.

C’est le type d’événement parfait pour un passage au Grand/petit/moyen journal, un encart dans Le Monde, voire si il est bien arrangé, pour faire des belles images (qui ne pourra pas être pire que la photo de couverture de cet événement) avec une élue surement PS. Et cela n’a pas manqué vu que Laurence Rossignol (la ministre fait des déclarations négrophobes, islamophobes et révisionnistes) qui a été solidaire de son gouvernement lors de la mobilisation contre la loi travail soutient l’initiative, tout comme … Marine Le Pen.

Pour vous, dans votre PME, qui êtes payé beaucoup moins que tou.te.s vos collègues parce que vous êtes une femmes racisées, vous qui faites 3 fois plus et dont on guette la moindre erreur, vous qui êtes dans les secteurs les plus pénibles, vous qui enchainez les micros contrats, vous qui êtes exclue de l’emploi pour votre hijab à cause de l’islamophobie, vous qui n’avais d’horizon que le smic … ben en fait, non pas vous.

Voilà ce que dit ce genre d’initiative totalement hors sol, car sans ce travail en amont d’organisation pas de solidarité possible pour protéger les plus vulnérables au travail.

Appel: Préparation de Manif/ Bloc Racisé contre la Loi Travail

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La préparation du bloc:

Le samedi 10 septembre, nous avons préparé la marche comme à notre habitude

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Déclaration des Féministes Noires au Forum International des Féminismes à Bahia – Brésil

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Mwasi-Collectif participait au forum des Féminismes noirs, les 5 et 6 Septembre 2016, cette rencontre a donné lieu à la rédaction d’une déclaration  commune pour affirmer notre combat pour la libération et la justice 

« Nous, plus de 200 Féministes Noir.e.s provenant de tous les continents et dans toutes nos diversités, réuni.e.s au Brésil au forum des Féminismes noirs sous le slogan “Les chemins parcourus ensembles”

Défiant nos propres frontières et celles qui s’opposent à notre révolution, en tant que féministes heureus.e.s, sain.e.s et fièr.e.s, de réaliser nos rêves les plus fous de libération, pour nous-mêmes, nos terres, nos territoires, et les vies que nous défendons dans la diversité de notre Négritude, de nos capacités et nos identités.

Durant ces 2 jours, nous avons discuté de l’avenir, de la construction des Féminismes Noirs dans le monde, de la défense de nos territoires, de nos communautés, des nos peuples, de la résilience, de la résistance, du colonialisme, de la guerre, des droits reproductifs, du racisme, du sexisme, du patriarcat, des orientations sexuelles, des identités de genre, de l’art, de la violence, d’alliances transnationales, intergénérationnelles,  entre beaucoup d’autres thèmes.

Reconnaissant nos spiritualités ancestrales  et nos identités culturelles en constante réinvention comme des piliers fondamentaux pour la défense de nos droits en tant que communauté.

Nous reconnaissons la résistance active des Femmes Noires, qui vivent toujours dans des conditions de pauvreté, d’exclusion, d’invisibilisation  et de  marginalisation social, politique et économique. Nous manifestons à la fois l’urgence de transformer les modèles de pouvoir, de production et de partage du bien être  pour qu’ils respectent nos existences.

Nous reconnaissons  les apports historiques des Féministes noir.e.s dans la réinvention  des Féminismes depuis une approche intersectionnelle, articulant le racisme, le patriarcat et le capitalisme.

Nous rappelons que  le racisme est un facteur d’aggravation de nos conditions en fonction de nos orientations sexuelles, identités de genre, notre classe, conditions migratoires, âge, de leur handicap, entre autres choses,

Nous dénonçons le racisme environnemental derrière les épidémies de dengue, zika, chikungunya et autres dans les communautés noires, indigènes et pauvres, et la violation de notre autonomie reproductive.

Nous dénonçons les rapports de domination et le monopole sur les ressources féministes des organisations occidentales majoritairement blanches, ayant accès à tous les espaces pendant que nous luttons pour créer les nôtres.

Nous dénonçons la militarisation mondiale de la police et le complexe industriel carcéral d’Amérique du Sud, à l’Afrique, en passant par les Etats-unis, responsable d’un génocide des Noir.e.s et nous demandons à ce que le forum dénonce ces pratiques afin de déclarer clairement et avec force que TOUTES LES VIES NOIRES COMPTENT.

Nous réclamons que nos réalités en que sujets politiques soient explicitées et prises en compte dans tous les débats, décisions et conclusions de ce 13e forum féministe international de AWID

Nous dénonçons le coup d’Etat contre la présidente du Brésil, Dilma Roussef, comme constitution d’une attaque à la démocratie, la primauté du droit et un obstacle à la participation politique des femmes.

Nous exprimons notre solidarité féministe au peuple brésilien, en particulier les personnes noires et autochtones, les plus affectées par ce recul politique, nous exhortons le 13e forum féministe international de AWID à se prononcer de manière claire contre cet outrage politique.

Nous reconnaissons les énergies, la disponibilité et les efforts , des organisations, artistes, et militant.e.s  Noir.e.s du monde qui ont intégré l’équipe de travail du forum des Féminismes Noirs, et qui ont permis que celui-ci soit possible. »

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Déclaration additionnelle relative à la francophonie 

Cette partie est issue des discussions au sein du forum des Féminismes Noirs, des personnes utilisant le français comme langue de  communication 

« Quant à la francophonie, qui découle de la domination coloniale et impérialiste, elle ne peut être pensée comme un espace neutre politiquement. Toutefois, la langue française, qui en découle, est la langue qui nous rassemble.

Nous, les organisations francophones présentes au Forum AWID de 2016, sommes navré-e-s de constater que l’espace dit « francophone » au forum aie été géré par une organisation dont le siège social est basé en France, ceci, malgré le fait que la majorité des membres francophones de l’AWID viennent de l’Afrique ou vivent dans des pays occidentaux où les féministes d’ascendance africaine sont systématiquement marginalisé-e-s en faveur des autres courants féministes.

Nous aurions aimé être associé-e-s à la création de cet espace. Nous demandons une explication à propos du processus employé par Genre en action en partenariat avec l’AWID pour former l’espace ainsi que plus de transparence à l’avenir. Il ne devrait pas y avoir de village francophone sans que toutes et tous les francophones soient mises à contribution dans le processus d’organisation (ressources, visibilité, gestion, responsabilités, communication, etc.). Nous aimerions utiliser l’espace francophone dans nos propres termes.  »
sistas-francophones(Le groupe de Féministes noires francophones en pleine réunion)

6 Août Pique-nique-rencontre Afrofem, Parlons Cheveux

Sista parlons de nos cheveux visuel

—–ENGLISH BELOW—-

Afros. Tresses. Tissages. Nattes. Défrisages. Locs. Nos cheveux sont uniques, polyvalents et beaux. Dans une ère où la blanchité ne cesse de brandir de nouveaux noms (ie : Boxer Braids) à des coiffures ancestrales, réunissons-nous le temps d’une après-midi pour parler d’un aspect complexe (et politique) de nos identités. »

Quel rapport avez-vous à vos cheveux?
Est-ce que votre manière de vous coiffer influence les interactions que vous avez avec votre cercle proche (famille, ami.e.s)?
Avez-vous déjà été confronté.e.s à de la discrimination au travail à cause de vos cheveux?
Afro-ninja : quelle défense adoptez-vous quand les blanc.he.s vous touchent les cheveux sans demander?

Vos idées et créations sont les bienvenues à cette rencontre entre afrodescendant.e.s noir.e.s et métisses.

Vos enfants sont les bienvenu.e.s, nous les accueillerons avec plaisir!

 

——

Afros. Braids. Weaves. Ralexed. Locs. Our hair is unique, versatile and beautiful. In an era where whiteness tirelessly renames ancestral hairstyles (i.e Boxer Braids), let’s meet for an afternoon chat about this complex (and political) aspect of our identities.

What relationship do you have with your hair?
Does the way you wear your hair influence the interactions you have with your close circle (family, friends)?
Have you ever been discriminated against because of the way you wear your hair?
Afro-ninja : which defense mecanisms do you use when white people touch your hair without asking?

Your ideas & creations are welcome to this event aimed at Black womxn and womxn of Black heritage.

Your children can come too, we gladly welcome them!